Théâtre : "Arrêt sur image" et "Habbat Alep" de Gustave Akakpo à l’Institut Français du Togo

L’Institut Français du Togo a accueilli mardi 4 et mercredi 5 juillet deux pièces de théâtres de Gustave Akakpo : "Arrêt sur image" et "Habbat Alep".

Théâtre/Musique électro - Arrêt sur Image (de Gustave Akakpo)

Un plateau nu, vide. Le vrombissement des guitares basses s’élève. Un homme est là, seul : il prend la parole, il est passeur.... . Il fait passer l’appétit des pauvres vers la nourriture des riches. Il fait passer les frontières. Il n’est que le maillon d’une chaîne qu’il ne peut briser : il le sait. Son père le rêvait footballeur, un métier patriotique !
Passeur décisif à défaut d’être un bon tireur. Il s’est fait passeur d’êtres humains, de leurs rêves, de leurs espoirs. Ce rêve de l’inconnu, lui ne l’a jamais eu. Mais aujourd’hui, il n’a pas le choix, il doit fuir. Il a fini de servir les intérêts des puissants. Il faut un bouc-émissaire… Il en est un idéal… Alors il attend pour passer la frontière… Et en attendant, il converse avec son père, pour régler ce qui doit l’être avant le grand départ. Arrêt sur image nous raconte l’immigration clandestine
Dans cette pièce, c’est le passeur que l’auteur Gustave Akakpo fait parler. Celui qui reste à la frontière. Qu’est-ce qu’une frontière ? Il y a des frontières que l’on peut franchir, d’autres que l’on ne franchit pas. Et il y a des frontières que l’on franchit dans un sens, pas dans l’autre... Il existe des gens qui font franchir ces frontières là :
les passeurs ! Celui qu’on voit tour à tour comme un Robin des Bois des temps modernes ou un escroc vivant au dépend des espoirs des indigents. Celui qui sert les intérêts des puissants ou celui qui permet la réalisation des rêves des plus démunis ? Quelles sont ses motivations ? Quelle est son histoire ? Il se vante de ses exploits,
de l’argent qu’il gagne, de son pouvoir mais il sait aussi qu’il n’est qu’un des rouages d’une machine destructrice.
Entre théâtre et musique électro, « Arrêt sur image » est une création hybride, bouillonnante, accompagnée d’un univers sonore original. Elle donne à écouter autant qu’à entendre. Quand la culture électronique, les lignes de basses issue des premiers Sound System jamaïcains et le slam viennent se frotter au monde du théâtre, personne n’en ressort indemne.

Théâtre - Habbat Alep (de Gustave Akakpo)

Après le spectacle « Arrêt sur Images » qui a eu lieu mardi 4 juillet, la Compagnie d’ACéTés est revenue pour une lecture électro avec un artiste remarquable : Gustave Akakpo. À la fois auteur, comédien, conteur et illustrateur, ce collaborateur régulier du festival Les Récréâtrales a reçu le Prix du meilleur auteur au Festival Primeurs en 2008 avec son texte « Habbat Alep ».
« Habbat Alep » est une lecture mise en musique et construite telle une pièce radiophonique. Le comédien-dramaturge, Gustave Akakpo, nous emporte au coeur d’Alep, et nous livre une vision de la Syrie contemporaine. Le spectacteur part à la rencontre d’un homme en quête de son identité. Abou, le personnage principal, se voit obligé de marier sa fille à un cousin après que cette dernière soit tombée enceinte. De ce postulat de base classique en Syrie, la compagnie d’Acétés tisse un drame familial et musical. Un musicien accompagne cette lecture tantôt musicalement, tantôt grâce au sound design qui nous plonge au coeur des situations…
Il s’agit d’un voyage qui s’écoute, les yeux fermés si on le souhaite !

Dernière modification : 13/07/2017

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